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Par : IEN
Publié : 4 janvier 2014

Alésia

Vers une ville gallo-romaine

Alésia devient une véritable ville pendant les décennies de l’occupation romaine qui suivent l’épisode du siège. L’oppidum continue d’être occupé sans discontinuité, contrairement à de nombreux autres sites fortifiés de hauteur qui sont abandonnés à la faveur d’un site de plaine plus accessible. Les raisons de ce choix nous échappent. La fonction religieuse a vraisemblablement dû être un élément déterminant.

L’expansion

Durant les quatre décennies qui précèdent notre ère, l’agglomération connaît une nette expansion : de nouveaux quartiers voient le jour et l’habitat se densifie. L’architecture privée évolue lentement, mais elle continue d’utiliser essentiellement des matériaux périssables (bois, torchis) et conserve un fasciés indigène très marqué.

Au centre de l’agglomération, le sanctuaire principal subit d’importantes transformations. Le temple est reconstruit en pierre. Face à son entrée principale, un bâtiment rectangulaire ouvert reçoit un étonnant décor sculpté composé de têtes négroïdes massacrées et de guerriers gaulois.

Les deux accès fortifiés aux extrémités est et ouest de l’oppidum sont remaniés et intégrés dans de nouveaux dispositifs d’entrée qui conservent un caractère monumental. Ce souci de préservation contraste avec les transformations radicales qui commencent à toucher le centre de l’agglomération à partir du règne de Tibère (14-37 après J.-C.). Il pose la question de la conservation d’un héritage indigène hautement symbolique et du statut civique de l’agglomération d’Alésia dans l’organisation administrative romaine de la Gaule.

La romanisation

La ville se romanise de manière décisive dans les décennies qui suivent. Le réseau viaire est régularisé autour du centre politique et religieux : les rues dessinent un quadrillage où s’insèrent des îlots d’habitation (insulae). Un centre monumental est progressivement organisé à l’est du sanctuaire principal autour d’un forum et d’une basilique civile. Un théâtre est construit à l’ouest. Les fortifications héritées de la période gauloise paraissent abandonnées.

Le déclin

Alésia a prospéré pendant deux siècles et demi avant d’amorcer un lent déclin sous les effets de la crise économique et politique qui affecte l’Empire à partir de la période fin du IIe - début du IIIe siècles. Les premières invasions germaniques touchent gravement la ville. Une première destruction intervient lors de l’invasion de 269 ; elle est suivie immédiatement d’une reconstruction systématique. Mais la grande invasion de 276 marque un tournant : plus destructrice, elle n’est pas suivie d’un programme de reconstruction à grande échelle.

De la contraction aux ruines

L’agglomération se contracte dans un espace réduit au centre monumental et aux quartiers les plus proches, ne dépassant pas la surface qu’elle devait avoir à l’époque gauloise. La métallurgie du fer et du bronze disparaît. Le sanctuaire de Cybèle, longtemps très fréquenté, est saccagé vers 370.

Les premiers témoignages chrétiens, liés à sainte Reine, datent de la même époque. Si quelques indices d’habitats datent encore du début du Ve siècle, il semble qu’à cette date Alésia soit déjà en ruines.

Á l’époque mérovingienne Alésia est mentionné comme chef-lieu de pagus (pays). Mais il faut sans doute situer son emplacement sous le village actuel d’Alise-Sainte-Reine.

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